Le mouton Proctor automatique commence sa séquence de compactage dans notre laboratoire mobile stationné à Saint-Malo. Quarante-huit heures avant, nos équipes ont prélevé des échantillons intacts sur le tracé de la future voirie dans le quartier de Paramé, où le sol présente ces alternances de limons sableux et d'arènes granitiques typiques de la côte d'Émeraude. La poinçonneuse CBR, équipée d'un piston normalisé de 49,6 mm de diamètre, va pénétrer l'éprouvette à 1,27 mm/min pendant que les comparateurs enregistrent l'effort. Nous réalisons systématiquement l'essai après quatre jours d'immersion complète — condition critique à Saint-Malo où la nappe phréatique, influencée par les marées de la Manche dont le marnage atteint 12 mètres en vive-eau, peut saturer les couches de forme en moins de temps qu'il n'en faut pour couler un enrobé. Avant même de déployer le compacteur sur site, ces courbes effort-déformation dictent la viabilité de la structure de chaussée dimensionnée, et nous les confrontons aux hypothèses du dimensionnement de chaussée rigide lorsque le trafic attendu dépasse les seuils classiques.
À Saint-Malo, un CBR après immersion de 96 heures prédit mieux la durée de vie d'une chaussée qu'un essai Proctor seul : le coefficient de sécurité entre portance immédiate et portance à long terme peut varier du simple au triple sur les limons du secteur.



