Entre le socle rocheux du quartier de Saint-Servan et les alluvions marines de Paramé, la conductivité hydraulique du sous-sol malouin change radicalement en quelques centaines de mètres. Sur les contreforts granitiques, l’eau circule dans les fractures ouvertes par l’érosion, tandis qu’à l’approche des plages, les sables silteux présentent une perméabilité plus capricieuse, influencée par le marnage exceptionnel de la baie, un des plus puissants d’Europe. Cette disparité impose une caractérisation rigoureuse avant toute injection de coulis ou dimensionnement de drainage. L’essai de perméabilité sur site, décliné en méthode Lefranc (charge variable ou constante) et en essai Lugeon, constitue l’outil de reconnaissance direct le plus fiable pour anticiper le comportement de la nappe. Réalisé en forage carotté ou destructif, il livre une valeur de coefficient K in situ que les formules théoriques ne peuvent pas reproduire. Le laboratoire, accrédité COFRAC selon l’ISO 17025 pour les essais géotechniques en place, déploie ses sondes dans les secteurs historiques de la cité corsaire avec un matériel adapté aux accès contraints des ruelles intra-muros. Cette démarche s’intègre souvent après une campagne de sondages SPT qui a révélé une alternance de couches nécessitant un profil de perméabilité précis pour finaliser le modèle hydrogéologique.
À Saint-Malo, le marnage peut dépasser 13 mètres en vives-eaux : la perméabilité mesurée en forage doit impérativement tenir compte de cette oscillation pour ne pas sous-estimer le gradient hydraulique à marée basse.



