Un chantier de galerie technique sous le boulevard de la Mer, à deux pas des remparts, nous a récemment confrontés à une alternance de limons et de poches de sable fin saturé que personne n’avait anticipée. À Saint-Malo, le sous-sol est un millefeuille complexe : des alluvions modernes, des sédiments marins et un substratum rocheux très altéré cohabitent sur quelques mètres. L’analyse géotechnique pour tunnels en sols mous ne peut pas s’appuyer sur des hypothèses standard quand on fore sous une ville corsaire soumise aux marées les plus fortes d’Europe. Nous avons appris que chaque mètre linéaire raconte une histoire différente et que la clé, c’est de recouper les données avec une campagne de sondages SPT pour calibrer la résistance du massif avant même d’imaginer un soutènement.
Sous Saint-Malo, le vrai risque n’est pas la roche : c’est la poche d’eau douce ou salée piégée entre deux couches de vase, capable de déstabiliser un front de taille en quelques heures.



