Sur un chantier de réhabilitation du bâti ancien près de la tour Solidor, le compactage des remblais sableux derrière un mur de soutènement posait question. L’entrepreneur ne pouvait pas se permettre un tassement différentiel à quelques mètres des remparts. La solution retenue par le bureau de contrôle : un essai de densité sur site par cône de sable. Cette technique, normalisée en France sous la référence NF P94-061, reste la plus fiable pour mesurer directement la masse volumique sèche d’un sol granulaire en place. À Saint-Malo, où les matériaux de remblai proviennent souvent des terrassements locaux dans les altérites du massif Armoricain, le contrôle de compactage évite bien des désordres liés aux infiltrations d’eau de mer dans les couches mal serrées. L’essai consiste à excaver soigneusement une cavité calibrée, à récupérer la totalité du matériau extrait pour le peser, puis à combler le trou avec du sable de silice calibré dont on connaît la densité apparente. Le rapport masse/volume donne la densité sèche réelle, directement comparable à la densité Proctor de référence. En complément, un essai à la plaque de charge peut être demandé lorsque le maître d’ouvrage exige aussi un module de déformation EV2 pour les plates-formes destinées à recevoir un dallage industriel ou une chaussée rigide dans la zone portuaire.
Un taux de compactage inférieur à 92 % de l’OPN en remblai de tranchée peut générer un retrait de 4 à 6 cm en trois ans dans les limons malouins saturés.



